Un monde sans fin.......
Je viens de refermer le livre de Ken Follet "Un monde sans fin" ce matin.
j'avais envie de lever les bras en signe de victoire, de crier ma joie, de courir autour de la table de la cuisine en poussant des cris de sioux.....Toutes choses que j'ai faite d'ailleurs, profitant que je suis seule dans cette maison (on ne peut pas compter comme présent un jeune homme de 20 ans qui vit son weekend en décalé, se lève quand je pars me promener et se couche 2 heures avant mon réveil !)
Je vais commencer par m'excuser auprès d'Emilie et d'Antoine, mes références en matière de critiques de livres. Non, vous n'aurez pas le résumé de la quatrième de couverture, un aperçu de l'histoire, une biographie de l'auteur et le déroulé page par page de mon ressenti. Je vais plutôt vous faire ça à l'arraché !
Au cours d'une de mes errances en pays de bouquinerie, mon amie Domi et moi (ne riez pas, c'est pas drôle ! on s'appelle pareil, nos maris font le même métier et on s'est marié le même jour et pourtant, étonnamment elle n'est pas moi !). Je reprends donc, les dom-dom girls ont trouvé ce pavé sur l'étal.....Arrêtez de râler tout le temps pour rien, je vous entends et ça me perturbe ! Okay on ne dit pas étal pour un libraire, même de livres d'occasion. Ce n'est pas assez noble, ça fait marchande de quatre saisons ! Et je dis comment moi ? Ca ressemble à s'y méprendre à une table qui croule sous les bouquins poussiéreux, donc je dirai une table, voilà !
Nous nous souvenions toutes les deux de notre voyage en Moyenâge pendant la lecture des "piliers de la terre"(1989). Ken Follet est un remarquable conteur et pas une minute nous ne nous étions ennuyées en cheminant à ses côtés. En prévision de ma "replongée" avec ce deuxième tome écrit bien des années plus tard (2008), j'ai relu cet été les piliers réédités en livre de poche.

Un monde sans fin : Avez-vous seulement regardé ce monstre ? Un pavé noir d'un poids considérable pour mes pauvres épaules, trop lourd pour être glissé dans mon sac, des pages si fines que vous devez les tourner avec précaution pour ne pas en laisser une en râde, et leur nombre (1286) sont des éléments qu'on ne lit pas mais qui pèsent sur le devenir de mon expérience.
Once upon a time......Il était quinze jours de cela, à peu près, n'écoutant que mon courage, je me jetais à l'assaut. Résistant à l'appel des sirènes qui peuplaient mon étagère (Anne Perry, le nouvel Elisabeth Georges, Merry Gentry 4, Le quai de Ouistreham..........et j'en passe), je commençais ma lecture.

Tu ne m'as pas déçue Ken ! Un conteur né, voilà ce que tu es. J'ai passé quinze jours dans le passé. Mieux qu'une téléréalité, j'ai respiré les odeurs, touché les étoffes, contemplé ces foules qui se pressaient à la foire, à l'église. J'ai trimé parmi eux, sarclé, foulé, moissonné, j'ai bu de la bière et mangé du pain, ripaillé jusqu'à m'en faire éclater la panse ! J'ai aimé et haï. J'ai ri, pleuré, souffert de la peste et soigné les malades. J'ai subi des infâmies, me suis fait emprisonner dans des geôles nauséabondes et bâti des tours et des palais ! J'ai adoré détester les méchants et soutenir les bons. J'ai applaudi devant leur résistance et les ai soutenu dans l'adversité.


Bien sûr parfois j'ai voulu craquer. Je rêvais de commencer mes autres lectures qui m'appelaient. Le livre est vraiment très long, s'il n'était pas si bien écrit je dirai trop long ! Il manque peut être quelques nuances à ces personnages. Philémon, Godwin ou Ralph sont véritablement des êtres que l'on aime détester mais qui semblent trop caricaturaux dans leur démesure ! Carrie et Merthin triomphent de tout et surmontent les épreuves les unes après les autres. Les années défilent et vous vous dites : Comment résistent-ils ? Dans cette époque où la vie était si fragile, ils sont toujours là, vaillants et amoureux !
J'ai gravi mon Everest ! J'ai planté mon drapeau au sommet ! Je retrouve avec bonheur ma liberté.
Je vous conseille de le lire, même si comme moi, vous attendez des mois avant de sauter le pas. Lancez-vous, vous ne le regretterez pas ! Mais ayez les épaules solides, du temps devant vous, de la patience et fuyez si vous ne lisez qu'un livre par an : celui là ne vous en ferait pas moins de cinq !
Claudie Gallay : à nous deux !