Episode 32 ( human milk, histoire de vampires)
Viktor, se remit lentement sur ses pieds. Il ne pouvait rivaliser avec les capacités hors du commun de ce super immortel et lui montrait, par des gestes mesurés, qu’il ne cherchait pas le combat.
-Enfin, tu redeviens raisonnable ! La nuit est presque finie et nous allons devoir redescendre Philomène dans son appartement et la laisser quelques heures seules. Cela ne ma réjouit pas plus que toi, ce n’est pas la peine de montrer les crocs !
L’ombre revêtissait à nouveau son aura tout en sermonnant Viktor. La lente disparition du gigantesque guerrier sous l’apparence anodine d’un vieillard voûté n’arrivait pas à faire oublier la menace que faisait peser sa voix.
-Je ne sais pas ce qui va advenir d’elle dans les heures à venir ? Va-t-elle se réveiller et reprendre sa vie sans se souvenir de cette mutation ? Sera-t-elle malade ? Va-t-elle survivre ou mourir à l’arrivée du soleil ? Aucun humain n’a jamais survécu à cela, ne l’a jamais vécu même……Cette femelle est la première de sa race et je ne sais pourquoi, ni comment cela est arrivé……mon seul espoir est qu’en tant que spécialiste du sang tu puisses trouver, si on t’en laisse le temps, les secrets de cette mutation, tout au moins si elle réussit. Maintenant aide-moi à la descendre avant que tout l’immeuble se réveille.
Ayant repris apparence humaine Viktor prit Philomène dans ses bras, ne pouvant se résoudre à laisser un autre vampire que lui poser les mains sur sa compagne. Il allait être difficile de gérer la force du lien si dans les jours à venir elle ne se souvenait de rien et évolue en le traitant en étranger !
Tout au long de l’escalier, il respira son odeur, s’imprégnant tant et plus de ces phéromones qu’elle ne dégageait que pour lui. Il suivit Marcel, franchit la porte que celui-ci avait déverrouillé, chemina le long du couloir et, posant Phil sur son lit, la dévêtit de son peignoir, lui enfila le pyjama extrait du sèche linge et la recouvrit de sa couette. Elle respirait calmement et semblait avoir plongé plus profondément dans le sommeil, ne réagissant plus à sa présence. En soulevant ses paupières, il nota que ses pupilles avaient recouvré presque totalement leur couleur humaine. Il plaçât une dernière fois le miroir d’examen devant son visage et constata que sa température corporelle était redevenue proche de celle des humains, un petit 36. Il quitta difficilement son chevet, entrainé par la poigne d’acier de celui qui serait dorénavant son gardien et certainement le moment venu son bourreau, et regagna son appartement. Las, il se laissa choir sur le canapé et se prit la tête à deux mains tandis qu’il laissait une nouvelle fois son aura s’écouler tel un flot de mercure sur sa peau.