La délicatesse
Je vous avais promis une critique du roman de Monica Ali "En cuisine". J'avais tant aimé son précédent ouvrage (Sept mers et treize rivières) que j'ai débuté cette lecture avec beaucoup d'attentes et de désir.

Un rapide pitch :
Gabriel est chef dans la cuisine d'un grand hôtel londonien, un viel établissement qui a perdu sa majesté d'antan mais qui tente de restaurer son prestige grâce à sa table. Gabriel évolue dans les méandres cachés de cuisines vétustes. Il y côtoie toutes sortes de nationalités, de frustrations, d'espoir et de rancoeur.
Un employé est retrouvé mort dans les sous-sols, décès apparemment accidentel et consécutif à une chute. Le monde de Gabriel commence alors à se fissurer; Il découvre que cet homme vivait là, qu'il partageait son abri illégal avec une jeune prostituée en cavale. Et c'est l'escalade : Le père de Gabriel lui apprend qu'il va mourir, ses fiançailles battent de l'aile après qu'il ait recueilli et entamé une liaison avec la jeune clandestine, ses futurs associés lui prennent la tête.....Il finit en dépression profonde, détruit tout ce qui faisait sa vie, touche le fond avant de, peut être, rebondir.
J'ai refermé ce livre sur un sentiment de malaise, de manque. Je n'ai pas compris l'angle pris par l'auteure. Il ne s'agit ni d'une plongée dans un univers d'hommes si divers et qui par hasard travaillent ensemble, ni d'une étude des travailleurs clandestins exploités, encore moins d'un constat sur la condition des prostituées ramenées d'europe du nord, dupées, battues et tenues en esclavage, pas plus qu'une étude du travail de déni et de deuil lié à la perte d'un parent, de la dépression, ou de la fin inéluctable d'une histoire d'amour....C'est tout cela à la fois !
Il y a dans ce livre de quoi faire trois ou quatre bons romans là où l'auteur n'en a vu qu'un seul ! J'en suis ressortie frustrée et, à l'image de son héros Gabriel, lessivé, anéanti, dépressif.
Cela arrive, on ne rencontre pas tous les livres !
Un miracle me fut alors apporté. J'ai fait, sur les conseils de ma fille, l'acquisition d'un petit bijou : "La délicatesse" de David Foenkinos.
Je me refuse à vous en faire un résumé. Comment d'ailleurs vous parler de François, de Nathalie, de Marcus, du deuil, de la mort, du bonheur et de l'amour, du renouveau et encore de l'amour ?
Une suite de chapitres très courts, des phrases justes, de la poésie, de l'absurde. 210 pages de bonheur !