Sept mers et treize rivières de Monica Ali
Une de mes amies m'a confié ce roman la semaine dernière me demandant si je désirai le lire alors qu'elle venait de l'acheter.
"Prends-le, tu me diras ce que tu en penses. Je veux découvrir cet auteur avant de me lancer dans son nouveau roman qui vient de sortir : En cuisine. Je préfère savoir si son écriture me plait avant d'investir dans une édition plus onéreuse."
Je retourne le petit bouquin de poche publié aux éditions 10/18. Je commence à déchiffrer la quatrième de couverture et dès les premières lignes me laisse tenter.
Je vous pitche en deux mots. Monica Ali nous raconte la vie de Nazneen. Cette jeune femme d'origine bangladaise, arrive en Angleterre à l'âge de dix-huit ans afin de vivre auprès du mari que son père lui a choisi. Celui-ci a quarante ans et habite dans un quartier de Londres où réside la communauté indienne : brick Lane (titre du roman en anglais).
Elle ne parle pas anglais et débute sa vie de jeune mariée comme une épouse traditionnelle. Elle fait le ménage dans cet appartement qui regorge de toutes les vieilleries que son époux, Chanu, entrepose, cuisine, écoute inlassablement cet inconnu qui philosophe continuellement et, accessoirement, s'occupe de ses cors. Au fil du temps elle se fait une amie Razia, découvre la vie anglaise, s'émancipe, souffre, aime et partage les soucis de sa soeur Hasina qui s'est enfuie de leur village natal et tente de survivre au pays.
Je ne connaissais pas Monica Ali et j'ai été séduite par la simplicité de son écriture, la légèreté, la douceur (cela n'empêchant pas la profondeur) avec laquelle elle décrit les difficultés que Nazneen rencontre et surmonte. Elle nous fait vivre avec justesse et sensibilité au sein de la communauté bangladaise. On ressent les tensions entre les communautés, les frustrations, le manque de reconnaissance, l'islamisation maladroite de jeunes qui cherchent à se construire une identité. Les pages narrant l'enfance sont emplies de poésie. On s'émerveille de la beauté des paysages, on tremble aux malheurs d'Hasina que l'on suit de lettres en lettres, on frémit avec Nazneen en affrontant le secret de la mort de leur mère.
En conclusion : une belle rencontre et l'envie de lire son nouveau roman.
