Printemps et déménagements
Depuis quelques semaines fleurissent dans ma boîte aux lettres les demandes des agences immobilières. Petits papiers écrits à la main (on est presque des gens normaux, des voisins....), flyers, prospectus, lettres, tout est bon pour chercher et trouver le bien, la maison à vendre. On sonne à ma porte, on me questionne : Voulez-vous vendre ? Connaissez-vous un bien disponible ?
Toujours par deux, tels des mormons de banlieue, les agents immobiliers en costume strict et sérieux rassurant, sillonnnent inlassablement les rues de notre petite ville, prêchant la bonne parole : Vendez ! Vendez et vous serez riches, heureux, libres.....
Nous n'avions dans notre rue qu'un seul couple d'amis. Une soudaine rage de dents le jour de notre déménagement nous avait offert une opportunité de rencontre et nous avions tissé une agréable relation. Les camions ont dansé leur valse entrainant nos chers voisins vers d'autres cieux et d'autres aventures. Finis les barbecues de l'été, les soirées autour de la piscine, les visites impromptues et les demandes de sel, oeuf, crème et autre conserve......
Ma meilleure amie a soudain, elle aussi, cédé aux sirènes du changement et je la regarde ranger, trier, désemcombrer, telle une Stéphane Plazza au féminin, afin de rendre ce lieu où nous avons tant de souvenirs communs, attractif aux futurs acheteurs. Elle qui, depuis cinq ans, est si proche que je peux aller la visiter à pieds, se prend à rêver à d'autres quartiers, à bâtir de nouveaux projets.
Moi même, comme tous les printemps, je regarde avec une certaine envie ces camions qui transportent la vie de mes voisins. Je rêve devant des caisses et des cartons. J'épluche les annonces immobilières. J'installe toutes les applications possibles sur mon téléphone et recherche le bien idéal, l'appartement de mon futur, la terrasse surplombant ma ville (tant qu'à rêver autant rêver grand et cher !)
Peu à peu les jours vont passer. L'été sera là avec ses beaux jours et ses vacances et, au retour de l'automne, je retrouverai le plaisir infini de savourer mon chez moi, mon nid, mon abri, mon refuge......jusqu'au prochain printemps !