Première rencontre (3)
Il sortit la phrase qu’il avait préparée :
-J’ai déménagé hier, l’appartement 8B juste au dessus, et je n’ai pas de lait, pourriez-vous me dépanner ?
-………………………..
Cette race mettait plus de temps à comprendre les ordres simples qu’il ne le pensait ! Enfin elle s’éclipsa vers les réserves de son habitat et revint avec une bouteille plastique contenant visiblement le liquide demandé.
-Merci beaucoup………………Mademoiselle ?
-Philomène, je m’appelle Philomène, mais mes amis m’appellent Phil, et bien voilà…..A une autre fois et bon emménagement …………...Viktor.
Et sur ces paroles hachées et hésitantes elle lui claqua la porte au nez. Drôles d’animaux que cette race là !
Philomène s’adossa à la porte qu’elle venait de fermer brutalement sur cette gravure de mode qui déclarait être son nouveau voisin !
-Aaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!! Mais quelle imbécile pouvait se comporter de la sorte ?
De rage, elle donna un grand coup de pied dans le chambranle de la porte et rugit de plus belle, mais cette fois de douleur en sautillant et en se tenant le pied endolori ! Elle rejoignit sa chaise et son reste de thé, maintenant refroidi, et tenta d’analyser la situation. Que devait-il penser d’elle ? Qu’elle était une pauvre demeurée qui ne portait pas de vêtements, qui ne comprenait rien de ce qu’on lui demandait et qui ne savait pas aligner deux mots intelligibles ! Le désastre complet !
Quand deux coups frappés à la porte se firent à nouveau entendre, elle commença par demander qui était là (pas question de réitérer la même erreur, la prochaine fois que Viktor la verrait ce serait soit cachant sa honte sous une burqa, soit digne des plus jolies filles des magasines !). Heureusement la voix de Charlène lui répondit et elle sauta en l’air, affolée par son aspect. Elle se retrouva à nouveau, en train d’ouvrir sa porte en petite culotte et en multipliant les excuses sur son retard.
Charlène, en habituée, ne prit même pas la peine de lui répondre et la laissa courir vers la douche en s’asseyant tranquillement pour siroter le café qu’elle s’était acheté au Starbucks du coin.
-Ne t’inquiète pas ma chérie, j’ai demandé à Papa de venir nous chercher dans vingt minutes, on n’aura qu’un retard acceptable aujourd’hui !