Fin d'une journée désastreuse (suite de mon histoire de vampire number 5)
Encore une journée de boulot inintéressante au possible. Sa chef, la…………(Charlène recherchait un qualificatif propre à décrire cette vieille peste de Suzy dont la seule raison d’être sur terre était de lui pourrir la vie !)………la grosse Suzy l’avait découverte en train de griller une cigarette alors qu’elle était sensée être au deuxième à photocopier en douze exemplaires le dossier Leroux ! Sa tâche principale au bureau était, lui semblait-il, de faire amie, amie avec la photocopieuse ! Elle passait plus de temps en sa compagnie que tous les autres employés de l’agence !
Ses pieds étaient gonflés et à nouveau ses yeux la brûlaient ! Le maquillage peut être ? Elle aurait aimé avoir autant d’argent que son amie Charlène qui pouvait se payer les meilleurs soins en institut et les gammes de produits les plus chers. En fait cela ne l’intéressait pas plus que ça, et il fallait bien avouer que Charlène ne faisait aucun cas de son fric, ni du fait que son père était le patron de la société !
Aucune place assise dans le métro, comme d’hab ! Il lui faudrait se coltiner une heure accrochée à cette barre sale et nauséabonde.
Bercée par le roulement de la rame, Philomène laissait son regard errer sur les autres occupants.
-Et merde ! C’est pas possible ! C’est mon voisin qui est assis au fond du wagon !
Phil choisit l’option disparition qui consistait en, premièrement, se retourner naturellement, qu’il ne la voit pas décoiffée et défigurée après une journée horrible ! Elle passa, discrètement, la main dans ses cheveux, rien à attendre de ce côté-là, un bref coup d’œil à son miroir de poche lui révéla la présence d’une longue trace de stylo sur sa joue gauche, de mieux en mieux ! De dépit, elle claqua le couvercle et fit ainsi sursauter tous ces voisins léthargiques et collés eux aussi à la barre ! Du calme ! Si elle continuait ainsi, elle allait se retrouver entre deux agents de sécurité, éjectée manu militari du wagon pour tentatives d’attentat ! Elle sourit à l’idée du visage de son emprunteur de lait face à la découverte que la folle du second avait encore frappé ! Deuxièmement, la fuite, mais avec de la tenue, et du style, sortir de la rame sans se retourner, ne pas trébucher, marcher calmement vers la sortie……………et disparaitre !
La sortie du métro se fit sans problème, et c'est à nouveau en mode zombi qu'elle effectua le bout de chemin qui la séparait de chez elle. Elle reprit le cours de ses pensées tristes et nauséabondes sur son pauvre statut d'employée de bureau surexploitée et son manque certain d'avenir et de promotion, quand elle entendit un bruit de pas derrière elle. Elle avait tourné l'angle de la rue et remontait à présent le boulevard en direction de son immeuble. Pas de panique, les rues étaient vides mais le quartier était tranquille, et à la réflexion ce ne pouvait être que le voisin qui, comme elle, était descendu au même arrêt et marchait vers le même but.
Quelques mètres plus tard, il lui sembla que quelque chose était bizarre dans le bruit des pas qui cherchaient à la dépasser. Ou elle devenait folle, ou Viktor avait plus de pieds que normal ! Soudain, une violente secousse la déstabilisa, tandis que deux jeunes, bonnets enfoncés sur le nez et baskets aux pieds, la doublaient et s’agrippaient à son sac pour la dévaliser. Elle refusa de lâcher la sangle, malgré les coups que lui assénait le plus grand de ses deux agresseurs. Pas question de leur faire ce plaisir, un sac de la dernière collection de Thierry Mugler qu’elle venait de dénicher aux soldes ! Ces petits putois ne savaient pas de quoi état capable une femme en furie !
Ses mains ne tiendraient plus très longtemps ! Elle lâcha brusquement la sangle et se retrouva les fesses sur le trottoir, la bride entre les doigts et, devant les yeux, la vision de ses voleurs qui s’éloignaient en courant loin, très loin d’elle !
Il lui sembla alors que quelqu’un passait près d’elle à très vive allure. Bien que sonnée, elle nota que jamais elle n’avait vu courir aussi vite.
Lentement, elle se releva en prenant appui sur ses mains, remit de l’ordre dans sa tenue, brossa ses fesses et ses genoux et constata que, manque de chance, elle venait de casser un de ses talons dans sa chute. C’est en boitant qu’elle parcouru les deniers mètres qui la séparaient de sa porte. Arrivée là, elle s’apprêtait à sonner Madame Lopez la gardienne pour, qu’une fois de plus, elle lui ouvre, quand une main se matérialisa sous son nez, une main qui tenait son pauvre sac mutilé !
Pour couronner l’achèvement de cette journée pourrie, il fallait, honte ultime, que ce soit le fameux Viktor (apparemment champion de course à pieds et de karaté en plus d’être une gravure de mode !) qui lui tende l’objet.
-Merci
Elle lui arracha le sac des mains et posant son badge sur le voyant, s’engouffrât dans l’entrée laissant la lourde porte claquer derrière elle au nez de son sauveur !
Le grésillement se fit à nouveau entendre et Viktor apparut, interloqué. Il passa devant elle en l’ignorant ostensiblement et prit les escaliers pour monter chez lui.
Elle ne pouvait pas lui en vouloir ! Pourquoi partager l’ascenseur avec une voisine folle ? Il devait regretter de l’avoir secouru ! Pour le bénéfice qu’il en avait retiré : se voir claquer la porte au nez pour la deuxième fois de la journée !
Philomène retira ses chaussures, et, le sac sous le bras, les escarpins à la main, se mit à gravir à son tour les étages. Bilan provisoire (pas trop d’optimisme, la journée n’était pas finie, il pouvait encore lui arriver d’autres catastrophes !) : un sac qu’elle avait courageusement défendu, bon à jeter, des chaussures (qui certes lui blessaient les pieds, mais avec classe !), à rapporter chez le cordonnier ! Et, cherry on the cake, un voisin qui ne lui adresserait plus jamais la parole, au mieux et qui la fuirait comme la peste, cherchant dès demain un nouvel appart, au pire !