Le maillot de bain
Ou vous êtes aveugles, ou vous ne feuilletez jamais les magazines (même pas chez le coiffeur), ou vous ne partez pas en vacances (ce que je respecte), sinon vous n'aurez pas réussi à éviter les pages maillots de bain de cette saison.
Je vais aborder ici un sujet qui ne concerne pas les jeunes filles qui adorent aller acheter ce petit, mais oh combien indispensable, élément de la garde robe de l'été mais plutôt m'adresser à toutes celles qui, comme moi, repoussent cet achat jusqu'aux limites extrêmes (la veille du départ) et cela après un examen de leur vieux maillot (acheté en l'an de grâce 1615 !) pour vérifier si vraiment il ne pourrait pas encore faire un été ?
Je vous plante le décor, moi, ou vous, en sous vêtements dans une cabine exigue à l'éclairage blafard. Vous êtes, je suis, nous sommes de la même couleur.............. blanche. Sur le tabouret les maillots sélectionnés, en fonction de leur imprimé (camouflage, ça existe pas ?), de leur pouvoir couvrant (j'envisage le port de la burqa de bain), et, accessoirement de leur prix ( difficile de mettre un budget faramineux dans un achat qui me fait grincer des dents).
Je ferme les yeux en essayant le premier. Courage, à trois je les ouvre. Ahhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!
Je referme la bouche, passe la tête par un petit coin du rideau, constate que je n'ai pas provoqué une émeute en poussant ce cri de désespoir. Chaque année, c'est pire ! Je devrai m'être blindée, mais le résultat est là et bien là, les bourrelets ont progressé pendant l'hiver, la cellulite semble briller sous les néons et me narguer :
-Tralala ! Tu veux vraiment te mettre en maillot de bain cet été ? Tu ne crois pas qu'il serait plus judicieux de partir explorer les fjords ? Tu serais certainement très jolie en anorak !
Tous les ans je repars avec le moins moche, ou tout simplement je baisse les bras et abandonne, repars les mains vides et décide que je peux remettre à plus tard cet horrible exercice. Cette année, une amie m'a trainé dans sa boutique. Deux dames d'âge plus que mûr nous ont accueilli. Elles ne ressemblent pas à ces vendeuses de vingt ans anorexiques qui s'étonnent que vous ne trouviez pas votre bonheur au milieu de leur choix de strings et de ficelles ! L'une d'entre elles m'a mis d'office un de leurs modèles entre les mains en m'assurant que cela serait parfait. Parfait n'est pas le terme exact, je dirai portable. Le seul hic est le coup du rideau largement ouvert manu militari par la vendeuse lançant un joyeux et tonitruant :
-Comment il va ?
Pas très agréable quand on est en train de se battre avec le haut du maillot et qu'on se sent très vulnérable et certainement pas sexy !
Mission accomplie ! Je ressors fière et détendue (enfin faut pas exagérer quand même !), le précieux sac à la main, attendant le test décisif : la première baignade ! Je vais encore me faire la même réflexion que tous les ans : Pourquoi est ce que je ne l'achète pas à la fin de l'été quand je suis habituée à le porter, un peu bronzé et détendue !