De L'immortel à L'arnacoeur
Je suis condamnée à visiter Paris les weekends pluvieux, voir neigeux et je finis toujours par me réfugier quelques heures dans une salle obscure.
Mon goût personnel m'aurait plutôt conduit à me poser devant le couple formé par Romain Duris et Vanessa Paradis. Je rêvais d'oublier le gris et l'humidité au soleil de Monaco, ses palaces, ses monuments, ses ruelles longeant la mer. Beaucoup de bling, bling, signature des films français spécial export. Un film en accord avec un séjour de farniente et de bonheur dans la ville
La programmation ne me l'a pas permis et me voici face à une autre cité du sud, Marseille. Un film de Richard Berry m'incite à la prudence, l'homme ne respirant pas la bonne humeur. Je ne sais rien de cette histoire si ce n'est que le scénario est basée à partir d'un livre de Frantz Olivier Gisbert relatant un épisode réel de la vie d'un ex mafieux.
Et c'est la plongée dans l'horreur. Rien ne me sera épargné, le sang baigne l'écran, la violence, la haine, la douleur, le sadisme, la mort. Je me cache les yeux, je souffre, les sens agressés.
Jean Reno est magistral, l'image de la vengeance implacable, presque d'origine divine ! Sur son visage se lisent au fil des heures les stigmates des martyrs et ce vieux bandit qui n'a pas vécu en vendant des roses et que l'on imagine trainant son lot de règlements de compte en vient à me faire partager sa vision de la justice.
Un voyou d'honneur. Des affaires louches mais pas la drogue, des assassinats mais pas les femmes et les enfants.....Le respect de règles face à la mondialisation du crime, l'artisanat aux prises avec internet, la chasse aux profits....
C'est un western français, le cowboy solitaire, un Clint Eastwood de Marseille !
J'ai attendu 22 heures et fini ma journée en douceur. Vanessa et Romain m'ont tenu la main et m'ont permis de m'endormir sans fare des cauchemars.
Deux visions aussi éloignées de mon quotidien l'une que l'autre, deux moments de cinéma qui m'ont fait quitter la réalité, deux réussites.
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