Rends-moi mon doudou !
Une de mes amies m'a raconté qu'elle est en guerre ouverte avec son mari à propos d'un pantalon de maison dont elle n'arrive pas à se séparer. Il est confortable, elle l'enfile dès qu'elle est chez elle pour être à l'aise. Il a brûlé, a été rapiécé, s'est détendu, mais avec lui elle se sent bien. Il est confortable, rassurant, elle l'a même apporté pour notre séjour en camping, sachant bien qu'elle ne le porterait pas et déclenchant les foudres de son compagnon qui s'amuse à la faire enrager en lui posant un ultimatum : L'un de nous est de trop ici, alors c'est lui ou moi, il va falloir choisir !
Elle ne peut pas le jeter. C'est son doudou. Il la rassure, la protège. Elle a apporté avec elle un petit morceau de sa maison et le savoir dans sa valise lui enlève le poids angoissant du voyage, de la découverte de nouveaux horizons, de l'installation et de l'angoisse d'avoir du laisser ses enfants seuls à la maison durant son séjour.
Nous avons tous nos doudous, un petit coussin avec lequel on dort mieux, un vieux tee-shirt troué et délavé dont on a honte mais qui est si doux et qu'on aime d'un amour inexplicable, limite inavouable.
Vous voudriez bien que je vous dise quel est le mien ? Un mouchoir, un simple petit carré de tissu. Objet improbable au XXI ème siècle, qui encore se sert d'un mouchoir à l'ère des kleenex ! Ce mouchoir n'est pas un simple mouchoir, il est magique. Il fait parti d'un lot qui me vient de ma maman. Depuis que je suis toute petite je dors avec un de ses frères. Fidèle sous mon oreiller il veille sur mon sommeil. C'est un petit bout de ma mère qui me suit au long des années. Le jour où mon fils a perdu son doudou lors d'un retour de vacances je lui ai fait partager la magie des mouchoirs de sa grand mère. Seule cette histoire a pu effacer ses larmes et je lui ai déposé ce grand carré d'amour taille XXL, qui a bercé sa nuit et l'a consolé.
Je revendique l'usage des doudous à tout âge ! Vous riez ? Cherchez bien et vous trouverez le vôtre.