La fable de Marceline et Liliane !

Publié le par Domi

A 84 ans Marceline n'en revenait pas de devoir se battre contre ses deux fils. Bien sûr cela faisait maintenant plus de vingt ans qu'ils lorgnaient sur le café "Au retour du marché" que leur père et elle, avaient ouvert sur la place principale, il y avait de cela quarante ans. Une sacrée bonne idée que celle là ! De café, l'établissement s'était mis à proposer des repas, simples mais bons, et de fil en aiguille, on avait aménagé des chambres à l'étage et maintenant c'était le plus bel hôtel restaurant de la région !

 

Son André avait été un visionnaire. Il avait, avant les autres, découvert les possibilités de cette petite commune. Il avait anticipé la création du port de plaisance, l'ouverture de l'établissement de Thalasso thérapie inauguré par un ancien champion de natation et l'arrivée des vacanciers avec le camping des dunes. 

 

Toujours premier, toujours vaillant, André avait fini maire de son village. Depuis sa disparition, on avait inauguré une place à son nom pour que ses concitoyens n'oublient jamais ce qu'ils devaient à ce grand homme ! Marceline ne boudait pas son plaisir quand elle passait devant cette plaque, que les anciens la saluaient avec respect et qu'on l'appelait Madame. Elle était tout de même la troisième fortune du pays, enfin du village ! Et aujourd'hui ces ingrats, ces sangsues, ces serpents qu'elle avait nourris en son sein, n'en pouvaient plus d'attendre qu'elle meure ! Ils lorgnaient après son affaire depuis si longtemps que la dernière saloperie qu'ils avaient inventé était de l'accuser de ne plua avoir toute sa tête et de souffrir de la maladie d'Alzheimer. Soit dit en passant pas facile de se souvenir du nom de cette maladie quand on avait perdu la mémoire !

 

Et la voilà qui se trouvait en présence de ce petit juge qui feuilletait distraitement ses papiers et qui relisait un quelconque rapport d'expertise médicale fourni par l'un ou l'autre des protagonnistes. Ah, ils allaient l'entendre qu'elle ne s'appelait pas Liliane ! Non, elle ne se laisserait pas faire et ce serait encore elle, malgré ce qu'ils en pensaient, qui ferait la pluie et le beau temps sous son toit !

 

"Liliane c'est pour toi que je me bats ! Je suis une anonyme mais ton combat est le mien. Entre riches on se comprend!"

 

Et c'est le coeur léger et la tête haute que Marceline a quitté le tribunal ce matin. Le juge avait tranché, elle avait toute sa tête ! Ses deux fils suivaient en maugréant, préparant déjà leur prochaine offensive. Elle n'était pas sauvée mais pour encore quelques mois ou quelques années ce serait elle la reine du "Retour du marché".

 

Sur une dernière pensée pour Liliane Bettancourt et cette saleté de vieillesse qui vous tirait dans les pattes, Marceline regagna son "palais" et sa cuisine.

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Publié dans vie quotidienne

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M
<br /> <br /> Trés émouvante ton histoire. Ecriture sensible et rythmée qui donne envie d'aller plus loin dans le texte. Oui saloperie de vieillesse, laquelle lorsqu'elle se prolonge trop longtemps,<br /> peut abimer une descendance avide. Merci pour le bon moment de lecture et de partage. Amitiés salines.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> c'est ça ! ce n'est pas l'intention de protéger une personne fragile que l'on ressent en suivant les aventures de Liliane mais le bruit des charognards qui rôdent autour de la vieille qui ne veut<br /> pas lâcher l'affaire ! Même si je ne suis pas dupe et que l'entourage immédiat de le milliardaire ne soit pas exempt de profiteurs. En plus, elle ne m'est pas sympathique plus que ça et de<br /> nombreux anonymes sont dans son cas. En tout cas merci pour la visite !<br /> <br /> <br /> <br />