Je ne serai jamais la mère de ma mère !

Publié le par Domi

Arrivant à la cinquantaine (je teste une thérapie consistant à placer cette affirmation au moins une fois par jour pour m'habituer.....ça marche ! Même pas peur !) Arrivant à la cinquantaine donc, je remarque que je suis entourée d'amis aux parents vieillissants.


En ethnologue orpheline, j'observe, chez eux,  une incertitude à la place du sentiment de tranquillité et d'assurance qui les habitait.


"Papa n'est plus aussi grand, aussi fort. Cet être merveilleux qui nous protégeait des duretés de la vie, de tous les malheurs, peu à peu, devient fragile. Son grand corps se voûte, ses épaules ne sont plus aussi larges et son pas est moins sûr !"

 

Doucement, sans bruit, s'installent de nouvelles relations. Insidieusement l'inquiétude change de camp. Ils ne sont pas encore si vieux que le spectre de la déchéance se profile, mais quelques lézardes apparaissent :


" Maman est plus fatiguée, moins patiente. Pour la première fois elle se plaint de ses articulations, de son âge; de son vieux mari ! Elle commence à dire qu'ils ne sont pas éternels et cela effraie. "

 

Alors on regarde ces deux piliers de nos vies, un voile se soulève révélant les cheveux blancs, les rides, les faiblesses. Nos colosses ont des pieds d'argile.

 

Je n'ai plus mes parents depuis trop longtemps. Je vis avec ce manque jour après jour. Je calcule l'âge qu'ils auraient, comment ils vivraient, ce que nous ferions. J'ai souvent regretté d'avoir si peu parlé à mon père. Il était si secret et j'avais 20 ans ! Je commençais ma vie et m'éloignais égoïstement sans savoir que cette garce nous jouerait un sale tour et que nous n'aurions pas le temps de nous retrouver. Maman est restée à nos côtés le temps de nous prendre dans ses bras, de nous consoler, puis elle est partie sans bruit, très vite (toujours cette volonté de ne pas déranger).

 

J'envie ceux et celles qui ont encore leurs parents. Je n'y peux rien, j'écoute leurs histoires avec  le regret de ne plus en avoir. Mais je sais aujourd'hui que je suis protégée d'une chose :  je ne deviendrai pas leur mère ! Je suis à jamais leur petite fille. Ils n'auront pas Alzheimer, ne deviendront pas dépendants. Je ne souffrirais pas en les plaçant dans une maison spécialisée, en les voyant m'oublier, en les lavant, les nourissant, les grondant....

 

 A la mort de nos parents c'est le fantôme de notre propre disparition qui apparait. Soudain nous devenons ces êtres qui vieillissent et qui, un jour, mourront. Ainsi va la vie et ainsi disparait l'innocence de la jeunesse éternelle.

   

C'est pas une raison pour déprimer et pour vous redonner le moral en ce début de semaine je passe du coq à l'âne et  finis avec cette vidéo d'une jeune chanteuse qui clame sa frustration de ne pas pouvoir pisser debout ! Derrière ce titre provocateur se cache un peu plus que cela et je vous conseille de bien écouter ce qu'elle dit et qui nous parle à toutes ( pardon messieurs !). Je vous présente Giedré

 

 

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Publié dans vie quotidienne

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M
<br /> <br /> À la mort de nos parents, c'est nous qui sommes tout en haut de l'arbre... et nous prenons le poids de l'ancêtre vivant en regardant vers la bas, tout ce mouvement de vie qui s'étale ... biz à<br /> toi !<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> ce doit être la venue de la fête des mères qui m'a inspiré...<br /> <br /> <br /> <br />